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Guerre Iran-États-Unis/Israël : pétrole, gaz, fret maritime… l’économie mondiale sous tension

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Guerre Iran-États-Unis/Israël : pétrole, gaz, fret maritime… l’économie mondiale sous tension

Les marchés scrutent la moindre information en provenance du Golfe : le Brent a bondi puis s’est replié dans une séance très volatile, alors que le détroit d’Ormuz – passage stratégique pour le pétrole, le GNL et une partie des engrais – est de plus en plus évité par les armateurs et les assureurs.

L’effet est immédiat… et il se lit d’abord sur les écrans des traders. Avec l’escalade militaire autour de l’Iran, les cours du pétrole se sont envolés puis calmés avant de repartir, au gré des rumeurs de négociations, puis des démentis et des signaux de durcissement. Dans la nuit de dimanche 1ᵉʳ mars à lundi 2 mars, le Brent a pu grimper autour de 82 dollars avant de retomber sous les 80, tandis que le WTI s’est hissé au-dessus des 70 dollars : une forte volatilité donc.

Pourquoi le pétrole réagit-il aussi fort ? Parce que le cœur du problème ne se limite pas aux barils iraniens : il se situe au niveau des routes maritimes.

Conséquence très concrète : armateurs et assureurs commencent à se retirer. Plusieurs grandes compagnies maritimes annoncent des détours et des suspensions de passage. Côté assurance, des acteurs majeurs ont signalé des annulations de couvertures « war risk » dans les zones concernées.

Détourner, cela veut dire rallonger. En pratique, contourner par le cap de Bonne-Espérance peut ajouter de l’ordre de 10 à 15 jours sur certaines routes, avec des coûts supplémentaires (carburant, disponibilité des navires, délais) qui finissent par se retrouver — partiellement — dans le prix du transport et des marchandises.

Un tiers des engrais mondiaux dépendrait de ce passage

Enfin, un angle souvent moins visible existe : les engrais. Selon une analyse sectorielle, environ un tiers des engrais mondiaux (ammoniac, soufre, etc.) dépendrait aussi de ce passage. Autrement dit, une crise prolongée à Ormuz peut nourrir un double choc : énergie plus chère… et intrants agricoles plus coûteux.

Finalement, tout dépendra d’un facteur : la durée du conflit. Une chute rapide du régime pourrait au contraire faire refluer les cours du pétrole, mais si le conflit s’éternise, la facture se paiera cher : inflation importée via l’énergie, tensions sur le fret, et inquiétudes sur l’approvisionnement en gaz et en intrants agricoles.

L’Iran pèse dans l’équation énergétique mondiale par ses réserves — parmi les toutes premières au monde, selon les données agrégées des grands organismes internationaux — même si sa production et ses exportations sont contraintes par les sanctions.

Mais surtout, Téhéran est au contact d’un point de passage vital : le détroit d’Ormuz, un couloir étroit entre l’Iran et Oman.

Ormuz : le « goulet » qui fait trembler les marchés

En temps normal, environ 20 millions de barils par jour (brut, condensats, produits pétroliers) transitent par Ormuz — soit autour d’un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et plus d’un quart du commerce maritime de pétrole. Un flux est massivement destiné à l’Asie : environ 84 % des cargaisons de brut et condensats qui passent par Ormuz prennent cette direction.

L’impact dépasse d’ailleurs le pétrole. Ormuz est aussi une artère majeure pour le gaz : en 2024, environ 20 % du commerce mondial de GNL y transite, principalement depuis le Qatar.

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